Lundi 16 juin 2008

Le ciel était déjà rose du crépuscule, un léger vent soufflait sur la forêt et quelques oiseaux chantaient encore un peu que la voûte céleste ne fût d’un noir opaque. Les arbres commençaient à engendrer des fruits, signe que l’été approchait à grands pas…

 

Kaïn observa longuement la jeune femme qui venait d’apparaître.

A en juger par sa tenue, c’était une esclave, mais ce qui l’intriguait, c’était son apparence générale : elle était très amaigrie, et pourtant, elle était encore en vie, malgré son appartenance au peuple. Les yeux dorés en étaient un signe distinctif.

Sans compter le fait que son moignon était parfaitement cicatrisé, et que la déchirure de ses vêtements au niveau du ventre et du bas du dos avaient été causés par une épée…

 

Cette fille a été transpercée, on lui a coupé un bras, la ville a explosé et l’onde de choc qui s’est propagée à tout annihilé dans un rayon assez important… Pourquoi est-elle encore en vie ?

 

-                 C’est impoli de dévisager les gens, ne le savez-vous pas ? Lui demanda Sirenia d’un ton agacé.

Il s’aperçut qu’il ne l’avait pas quittée des yeux depuis qu’elle était apparue.

 

Je ne nourris pourtant aucun penchant pour les infirmes… Quoique, ses vêtements ne cachent plus grand-chose… Il y en a qui ont dû s’amuser…

 

-                 Sirenia ! Comment… Comment es-tu arrivée ici ? Et surtout… Comment as-tu survécu ? Questionna Goliath.

Elle baissa les yeux un moment, s’accroupit et prit sa tête dans ses mains.

-                 Je ne sais pas… Je ne sais plus… Je me suis enfuie du manoir, puis ces hommes m’ont mutilée… Et après… Plus rien… Juste… Une douce chaleur… Puis, puis… Ce monde étrange… Il y avaient des escaliers de marbre blanc, une porte… Je, j’ai vu… Rosaria telle qu’elle est désormais… Le jour où le couvent partit en flammes… Ensuite… J’ai cherché quelqu’un à qui me raccrocher, et vous êtes apparus, avec cet homme… Mais le sol s’est dérobé sous mes pieds, je suis tombée dans le néant… J’ai gravé votre visage dans mon esprit, et j’ai appelé, pour q’on m’aide… Quelle était cette vision ? Où suis-je allée ? Etait-ce le séjour des morts,

Abasourdi par tant de révélations, Goliath réfléchit un instant.

 

Lors de l’explosion, elle a été projetée là-bas… Pourquoi ?

Seuls les initiés peuvent pénétrer ce monde…

Serait-ce l’une de ses facultés ?

 

C’est une fille du peuple maudit, elle court de graves dangers si elle reste seule, mais la prendre avec nous sera également très risqué… Que faire ?

 

Sirenia savait à quoi pensait Goliath.

Il avait peur.

 

Aux yeux de tous, je suis un monstre…

Les êtres comme moi sont… Les « héritiers » de celle qui jadis plongea le monde dans le chaos…

Cette reine légendaire dont je porte le nom, dont nous portons tous le nom… Sirenia…

 

Dans ce monde, chaque enfant naît avec la bénédiction et le pouvoir d’une des trois déesses…

 

Mana donne à ses élus le pouvoir de comprendre la nature et de l’influer…

 

Sol fait don de la capacité de déchiffrer les âmes…

 

Et Luna… Luna a toujours fait présent de dons « effrayants » comme la création d’armes à partir du néant ou l’hémomancie, qui permet de se battre avec son propre sang…

Luna est convaincue que la défense d’un peuple passe par l’armement… La victoire par la dissuasion…

 

La reine Sirenia suivait ces principes, mais c’était une reine belliqueuse, qui ne parvenait jamais à apaiser sa soif de conquête… C’est du moins ce que disent nos anciens récits…

Sirenia est parvenue à ses fins, elle a conquis le monde et imposé le dialecte de son pays…

Mais elle était folle, et après plusieurs tentatives, on réussit à l’assassiner…

 

 

Depuis cette époque, chaque enfant né sous le signe de la déesse Luna est tué ou abandonné, pour que jamais pareille tragédie ne se reproduise…

 

J’ai si longtemps entendu ces paroles, et j’y crois fermement, tout comme à mon destin funeste, celui de n’avoir aucune place dans ce monde…

 

Mais est-ce la vérité ?

Qu’est-ce que la vérité ?

 

Goliath mettait beaucoup de temps à se décider, et cela agaçait Kaïn.

 

Doit-elle rester ou mourir ?

Nous allons vite le savoir.

 

Il lui tendit une épée.

-                 Montre-moi comment tu te tiens.

-                 Pardon ?

-                 Tu es une Sirenia, non ? Aussi longtemps que tu vivras, tu seras chassée, poursuivie, traquée. Si aujourd’hui tu ne sais pas défendre ta vie face à un assaillant, alors tu ne le seras jamais.

Sirenia déglutit, et repoussa son épée.

-                 Si je suis une enfant maudite, je dois vivre en tant que telle, non ? Alors je te montrerai mes talents, dit-elle en lui faisant face.

-                 Sirenia, Kaïn, c’est absurde ! Dit – enfin – Goliath.

-                 Il a raison répondit Sirenia. Personne ne me fera de cadeaux. Si je ne suis pas apte à survivre maintenant, alors autant ne pas être un poids pour vous.

 

Kaïn décocha le premier coup avec son épée d’aurichalque. Sirenia prit le temps de l’esquiver, mais il entailla son moignon. Kaïn attaquait lentement, ce n’était pas un combat à mort, il ne faisait que la jauger.

Le sang ne coula pas par terre, il flotta dans les airs autour de Sirenia, formant un fil écarlate.

-                 De l’hémomancie ? Je n’avais jamais eu l’occasion de voir ce genre de pouvoir à l’œuvre, murmura Kaïn.

Il porta un nouveau coup.

Cette fois, il cherchait sa poitrine, à peine dissimulée par ses haillons.

 

Je maîtrise peut-être mal ces pouvoirs…

Mais je saurais te tenir tête !

 

Elle ferma les yeux une seconde, et ressentit son corps.

Elle entendait ses veines palpiter, le sang affluer de toutes part jusqu’à son cœur, jusqu’à son cerveau… Ce sang bouillonnant…

Sa peau s’ouvrit en de minuscules blessures, un peu partout sur son corps, et des fils de sang sortirent.

Sirenia ouvrit les yeux.

Les fils de sang se tissèrent et formèrent une vague qui arrêta net l’épée de Kaïn.

 

Je ne peux plus utiliser la main droite, mais je n’ai pas fini !

 

Sirenia se baissa et évita le poignard qu’il lui lança.

 

Elle et Kaïn se fixèrent une dizaine de secondes, puis elle lâcha l’étreinte des fils de sang, laissant le mercenaire libre de ses mouvements. Il rengaina l’épée, et contempla son bras, sur lequel aucune trace ne subsistait.

-                 Ce sera tout je pense… Tu te défends plutôt bien, il faut l’avouer… Tu as de bons réflexes et tu compter sur tes pouvoirs pour surprendre… Je n’avais encore jamais vu de faculté aussi stupéfiante que celle-ci… Mais elle a une très grande limite, n’est-ce pas ?

Sirenia était en train de réabsorber le sang qu’elle avait perdu. Elle s’assit contre un arbre, fera les yeux, et inspira profondément.

Petit à petit, ses blessures se refermèrent, tandis que la lune se levait et éclairait les bois d’une lumière apaisante.

Elle rouvrit les yeux, et vit Kaïn qui lui tendait un burnous, qu’elle enfila.

 

Même si ce n’était pas du sérieux, il est très vif…

Je ne connais Kaïn que de réputation mais il est loin de l’idée que je m’en faisait…

 

-                 Une limite… Celle d’utiliser mon propre sang, et ce n’est pas une ressource infinie, même si nous récupérons très vite… Et il ne faut jamais réabsorber le sang qui a été en contact avec celui d’autrui, où les risques de survivre sont très faibles, expliqua Sirenia.

-                 Tu sembles en savoir beaucoup…

-                 Oui, les sœurs m’ont enseigné certaines choses interdites, au cas où j’ai un jour à me retrouver seule… Le monde broie ceux qui n’y ont pas leur place. Je suis un monstre aux yeux de tous, j’ai choisi de vivre en conséquence ; si on cherche à me tuer, je ne me laisserai pas faire, c’est tout…

Ce n’était pas faux, toutefois, malgré sa volonté évidente de survivre, elle représentait toujours un danger pour lui et Goliath.

 

Si elle garde le visage couvert ou si elle porte un masque, nous ne courrons aucun problème…

Les gens n’ont jamais été aussi fous que maintenant, la chasse aux enfants maudits bat son plein. Il faudra redoubler de prudence…

 

Goliath se leva, et sortit quelques morceaux de viande de sa besace.

-                 Cela ne sera pas suffisant, Peux-tu chasser un peu Kaïn, demanda-t-il.

-                 Entendu, mais je retiens ça sur ma paie, répondit-il en partant dans la forêt, un arc à la main et un couteau au ceinturon.

-                 Sirenia, maintenant, si nous parlions de ce qui t’es arrivé ? Je n’aurais jamais pensé que tu survivrais… Raconte-moi ce qui t’es arrivé… Dit Goliath en l’invitant à s’asseoir près du feu qu’il venait de faire démarrer…

 

ù        

 

Erios se réveilla avec un fantastique mal de crâne.

 

De vieilles dalles humides…

Une petite pièce sombre…

Une seule fenêtre minuscule…

Des barreaux…

 

Le donjon !!!

Je suis dans le donjon !!!

 

 

-                 Bonsoir, dit une femme non loin de lui.

Elle était assise à même le sol.

Par le passé, elle avait dû occuper un important poste militaire car ses habits n’étaient pas ceux du commun des mortels. Une épaisse chevelure brun-roux tombait sur ses épaules, encadrant un visage ovale aux yeux verts et à l’expression féline.

De ses fines lèvres roses sortirent des mots durs, tranchants comme la glace.

-                 J’espère que ta vie à été belle, parce qu’il y a peu de chances que tu ressortes d’ici vivant… Murmura-t-elle de sa voix grave.

-                 Où suis-je ? Pourquoi suis-je ici ?

-                 Aaaaah… Tu es dans la prison d’Elea, pourquoi tu es ici ? Je n’en sais rien, sans doute as-tu été confondu avec un malandrin du coin. La ville est tellement corrompue par les voleurs, les proxénètes et les esclavagistes que tout bouc émissaire est bon à prendre. Sans doute seras-tu bientôt condamné à passer le restant de tes jours ici…

Il ne répondit rien, et resta allongé par terre.

 

ù        

 

Cela faisait déjà cinq ans que Saiph moisissait dans cette prison, et peut-être l’occasion de s’enfuir allait-elle se présenter…

Le nouveau détenu serait bientôt jugé, et lors du jugement, les gardes seraient convoqués au tribunal…

 

Désolée, petit gars…

Mais après avoir passé cinq ans ici, je sens que je vais devenir folle si j’y demeure davantage…

Dans les jours qui viennent, je m’échapperai…

Dire qu’ils ont attendu cinq ans pour me mettre un codétenu, et quelle lopette… Erios, les gardes ont dit qu’il s’appelait Erios…

Pauvre bougre…

 

ù        

 

La pluie continuait de tomber, alors que la nuit s’installait.

Des ombres furtives allaient et venaient autour de la prison d’Elea, déposant de petits paquets un peu partout, s’enfonçant sans faire de bruit dans les méandres de la ville.

Du haut de sa tour noire, le donjon surplombait toute la ville, écrasant de son ombre gigantesque les modestes habitations et les quelques résidences de nobles qui avaient émergé çà et là comme de la mauvaise herbe.

Il faisait souvent mauvais, et le rideau de pluie diluait le sang des nombreux meurtres commis régulièrement. A travers les gouttes opaques, on ne distinguait pas grand-chose, et chacun se fondait dans la cité.

 

ù        

 

-                 Alors, si je résume bien, après que le couvent ait été détruit, tu as erré un an à peu près sur les routes, jusqu’à ce que tu sois capturée puis vendue comme esclave sous le manteau. Le Duc, en dépit de ton origine, t’a achetée, et tu es restée à son service jusqu’à l’incendie qui t’as permis de t’échapper… Enonça Goliath.

-                 Oui, c’est ça, répondit Sirenia.

-                 Après, tu t’es enfuie, puis tu as été… Mutilée par ces hommes, puis… Plus rien…

-                 Oui, savez-vous où je me suis trouvée ?

-                 J’en ai une idée, mais je ne sais pas s’il est bon de te le dire…

-                 Pourquoi ?

-                 Parce que personne ne connaît sa nature exacte… Sirenia, veux-tu vraiment entendre cela ? Lui demanda-t-il.

-                 Evidemment ! Je n’aime pas rester dans l’ignorance…

Il prit une profonde inspiration.

Sirenia constata alors à quel point il se faisait vieux et fatigué.

Son visage si souriant était désormais ravagé par les rides, il clauquediquait plus qu’il ne marchait et sa voix semblait perpétuellement fatiguée, il soufflait ses mots. Son crâne avait fini de se dégarnir et ses yeux noirs étaient délavés par le temps.

-                 Lorsqu’une chose est détruite, que ce soit un pays, un monde, une religion ou encore une cité, cela va dans l’Ahura.

-                 L’Ahura ?

-                 Le monde des Ruines si tu préfères, l’endroit où va ce qui est détruit… Chaque être vivant est censé pouvoir le pénétrer mais en réalité seuls les initiés le peuvent… L’Ahura peut être convoqué lorsqu’une grande destruction est sur le point d’avoir lieu, mais aussi à des moments plus banals comme le sommeil. Cependant, sache que ce monde est doté d’une âme et que si ta volonté n’est pas assez forte, l’Ahura te brisera, et te tuera… Tu n’y es pas intouchable… Tu as déjà dû sentir sa volonté aller à l’encontre de la tienne, n’est-ce pas ?

-                 Oui, j’ai senti quelque chose qui tentait de m’entraîner… Juste après que je vous ai vus, ce n’est qu’aux prix d’un très gros effort que je suis parvenue à arriver ici…

-                 Ca plus tout ce qui t’es arrivé auparavant, ça commence à faire beaucoup je trouve, tu devrais te reposer… Conseilla Goliath.

Sirenia secoua la tête.

-                 Non. Comme l’a dit Kaïn, je ne suis en sécurité nulle part ; je dois assumer mon existence et dans cette optique, être en mesure de surmonter mon vécu. Je viens avec vous, de toute façon, il ne me reste plus grand-chose, si ? Répondit-elle en regardant la lune.

-                 Si tel est ton choix, je ne m’y opposerai pas. Mais sois prudente : si les sirenias attirent la haine, ils suscitent aussi une certaine convoitise.

Sirenia ne répondit pas, le regard fixé sur le ciel.

 

Le ciel s’opacifie petit à petit…

 

Elle se leva, et recueillit de petits grains gris dans ses mains.

 

Des cendres… La fumée dans le ciel…

Serait-ce… Eléa ?

 

ù        

 

Le donjon brûlait.

Même de loin, Kaïn voyait une épaisse fumée sortir de la tour.

Les flammes l’embrasaient petit à petit, s’élevant telles des fées, sautant d’un bâtiment à un autre, au milieu des cris et des cliquetis d’armes.

La pluie avait cessé, mais les nuages restaient là, alimentés par l’épaisse fumée noire qui partait de la ville.

 

Que se passe-t-il là-bas ?

 

 

 

Par Selene - Publié dans : Chapitres
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Lundi 16 juin 2008

 

Cette révolution tombe à pic !

Avec ça, finie la prison, finis ces repas infâmes, les mauvais traitement et les séances de torture…

Tiens ? Il est encore avec moi celui-là ?

 

Saiph se retourna.

L’autre prisonnier, Erios, la suivait toujours.

Il était très affaibli, mais semblait encore tenir le coup. Plusieurs de ses plaies s’étaient infectées. Il n’en avait plus pour longtemps.

 

Un grand fracas lui apprit que la porte principale venait de céder. Un flot de révolutionnaires se déversa dans le donjon, piétinant les gardes, hurlant et détruisant tout sur son passage. La fumée était déjà montée, et son champ de vision se troublait progressivement.

Elle était au second étage de la tour.

 

Si je saute d’une fenêtre, je devrais atterrir sans trop de mal…

Ma tête a été mise à prix trop longtemps pour que je permette de réapparaître devant la population comme si de rien n’était…

Je dois disparaître et trouver un endroit où l’on ne connaisse pas mon visage…

 

L’autre est toujours derrière moi…

Tant pis…

 

Avec de telles blessures, il ne survivra pas bien longtemps…

 

ù        

 

-                 On replie tout, il faut partir ! Déclara Kaïn en revenant vers eux.

-                 Que se passe-t-il là-bas ? Demanda Goliath.

Kaïn leur montra le ciel d’un gris presque noir.

-                 C’est un soulèvement populaire. Même s’ils sont nombreux, les révolutionnaires seront impitoyablement écrasés : l’armée est nombreuse et forte. Mais qui dit prison dit détenus…

-                 L’armée va ratisser les environs pour retrouver les fuyards, et nous n’avons pas intérêt à être là quand ça se produira, n’est-ce pas ? Dit Sirenia.

-                 Exactement. Dépêchons-nous, un seul fenrïr est insuffisant pour trois, il va falloir marcher, ordonna Kaïn en piétinant le feu.

Goliath replia les couvertures, pendant que Sirenia fermait sa besace.

Ils se trouvaient dans une obscurité peu rassurante, pendant que les cendres continuaient de tomber, inlassablement. Autour d’eux, les arbres avaient pris un air menaçant : leurs branches s’étendaient comme autant de griffes implacables et leurs troncs faisaient penser aux gigantesque pierres qui ornaient les tombes des rois.

-                 Allons-y ! Dit Kaïn.

Guidés par le chasseur de primes, ils traversèrent la forêt nimbée d’obscurité, et chaque pas était pour Sirenia un rapprochement vers sa liberté.

A présent, elle entendait des hurlements.

 

Qu’est-ce qui se passe là-bas ?

 

ù        

 

Erios n’eut que le temps de voir les soldats arriver et commencer à rabrouer les manifestants.

Son corps s’écrasa sur le sol.

 

ù        

 

Saiph se retourna.

Le cadavre d’Erios gisait sur le sol telle une poupée cassée.

 

Imbécile…

Tu aurais mieux fait de ne pas quitter ta cellule…

 

Elle n’eut guère le temps de s’apitoyer sur le sort du malheureux : des miliciens se dirigeaient déjà vers eux.

 

Saiph se mit à courir.

Le donjon était au centre de la ville, elle n’aurait aucun mal à se fondre dans la foule des citoyens. Quelques soldats la prirent en chasse mais après ces longues années d’emprisonnement, elle courait plus vite que jamais.

La cité semblait être un labyrinthe sans fin, composé de rues étroites et humides, d’échoppes ternes, et d’habitants moroses.

Arrivée dans une ruelle, elle en profita pour souffler un moment.

 

Je les ai semés…

Maintenant, je dois me hâter et partir d’ici avant que ne commencent les rafles de fugitifs…

 

Elle réfléchit encore quelques minutes, puis vérifia que personne ne l’avait suivie, et s’engagea dans une nouvelle rue bondée de monde. Elle n’éprouva aucune difficulté à disparaître dans la masse.

 

Je dois sortir d’ici…

Par Selene - Publié dans : Chapitres
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