Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 18:43

 

Cette révolution tombe à pic !

Avec ça, finie la prison, finis ces repas infâmes, les mauvais traitement et les séances de torture…

Tiens ? Il est encore avec moi celui-là ?

 

Saiph se retourna.

L’autre prisonnier, Erios, la suivait toujours.

Il était très affaibli, mais semblait encore tenir le coup. Plusieurs de ses plaies s’étaient infectées. Il n’en avait plus pour longtemps.

 

Un grand fracas lui apprit que la porte principale venait de céder. Un flot de révolutionnaires se déversa dans le donjon, piétinant les gardes, hurlant et détruisant tout sur son passage. La fumée était déjà montée, et son champ de vision se troublait progressivement.

Elle était au second étage de la tour.

 

Si je saute d’une fenêtre, je devrais atterrir sans trop de mal…

Ma tête a été mise à prix trop longtemps pour que je permette de réapparaître devant la population comme si de rien n’était…

Je dois disparaître et trouver un endroit où l’on ne connaisse pas mon visage…

 

L’autre est toujours derrière moi…

Tant pis…

 

Avec de telles blessures, il ne survivra pas bien longtemps…

 

ù        

 

-                 On replie tout, il faut partir ! Déclara Kaïn en revenant vers eux.

-                 Que se passe-t-il là-bas ? Demanda Goliath.

Kaïn leur montra le ciel d’un gris presque noir.

-                 C’est un soulèvement populaire. Même s’ils sont nombreux, les révolutionnaires seront impitoyablement écrasés : l’armée est nombreuse et forte. Mais qui dit prison dit détenus…

-                 L’armée va ratisser les environs pour retrouver les fuyards, et nous n’avons pas intérêt à être là quand ça se produira, n’est-ce pas ? Dit Sirenia.

-                 Exactement. Dépêchons-nous, un seul fenrïr est insuffisant pour trois, il va falloir marcher, ordonna Kaïn en piétinant le feu.

Goliath replia les couvertures, pendant que Sirenia fermait sa besace.

Ils se trouvaient dans une obscurité peu rassurante, pendant que les cendres continuaient de tomber, inlassablement. Autour d’eux, les arbres avaient pris un air menaçant : leurs branches s’étendaient comme autant de griffes implacables et leurs troncs faisaient penser aux gigantesque pierres qui ornaient les tombes des rois.

-                 Allons-y ! Dit Kaïn.

Guidés par le chasseur de primes, ils traversèrent la forêt nimbée d’obscurité, et chaque pas était pour Sirenia un rapprochement vers sa liberté.

A présent, elle entendait des hurlements.

 

Qu’est-ce qui se passe là-bas ?

 

ù        

 

Erios n’eut que le temps de voir les soldats arriver et commencer à rabrouer les manifestants.

Son corps s’écrasa sur le sol.

 

ù        

 

Saiph se retourna.

Le cadavre d’Erios gisait sur le sol telle une poupée cassée.

 

Imbécile…

Tu aurais mieux fait de ne pas quitter ta cellule…

 

Elle n’eut guère le temps de s’apitoyer sur le sort du malheureux : des miliciens se dirigeaient déjà vers eux.

 

Saiph se mit à courir.

Le donjon était au centre de la ville, elle n’aurait aucun mal à se fondre dans la foule des citoyens. Quelques soldats la prirent en chasse mais après ces longues années d’emprisonnement, elle courait plus vite que jamais.

La cité semblait être un labyrinthe sans fin, composé de rues étroites et humides, d’échoppes ternes, et d’habitants moroses.

Arrivée dans une ruelle, elle en profita pour souffler un moment.

 

Je les ai semés…

Maintenant, je dois me hâter et partir d’ici avant que ne commencent les rafles de fugitifs…

 

Elle réfléchit encore quelques minutes, puis vérifia que personne ne l’avait suivie, et s’engagea dans une nouvelle rue bondée de monde. Elle n’éprouva aucune difficulté à disparaître dans la masse.

 

Je dois sortir d’ici…

Publié dans : Chapitres
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